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COMMENTAIRE
DU THEME DU CONGRES |
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Le Congrès
examinera le rôle du droit pénal dans la protection des générations
futures contre certains risques nouveaux (risques de santé, nuisances,
atteintes au milieu naturel, risques de nature économique, etc...) Plusieurs problèmes se posent:
d’une part le problème de la légitimité (et, à quel degré) des
délits-obstacles (abstrakte
Gefährdungsdelikte), dont la réponse
se situe entre prévention et répression, d’autre part le problème de
la détermination des intérêts et des biens à protéger (la
reconnaissance de biens sociaux distincts de l'individu renforce-t-elle la
protection des personnes?), enfin, le droit pénal doit-il se limiter au
cas individuel ou peut-on envisager une orientation de type «macro»,
dans le sens que son intervention apparaît plus limitée que celle du
droit administratif qui établit des contrôles et des interdictions de
portée générale à l'égard de tous les citoyens (alors que le droit pénal
ne vise que les délinquants). Une attention
particulière sera portée sur les défis de la mise en jeu de la
responsabilité pénale: nouvelles alternatives et limites, nouvelles
formes et nouveaux objectifs. Cette conception élargie de la
responsabilité pénale classique répond au phénomène souvent décrit
par la sociologie moderne de la collectivisation de la vie sociale
contemporaine. Pris dans son sens vertical et partant de la division du
travail, (et de ses tâches), on constate qu’il n’existe plus de
responsable pénal dans l’entreprise dès lors que le travailleur ne
remplit pas les conditions légales prévues pour qualifier l’auteur de
l’infraction (producteur ou exportateur, etc...) et que les patrons ou
dirigeants ne sont pas les auteurs matériels des faits reprochés par la
loi. D’où l'idée de ne pas renvoyer seulement les personnes physiques
devant les juridictions, mais aussi les entreprises (personne morale).
Pris dans son sens horizontal, la globalisation des relations
internationales a conduit à considérer que l'infraction n'est pas réalisée
dans un seul pays, mais résulte de divers faits commis dans plusieurs états.
D’où l'idée classique de coopération et d’entraide judiciaire (qui
néanmoins présuppose la réalisation «complète» dans un pays déterminé)
et la «création» d’une «entité économique» capable, au plan
juridique, de comprendre la dispersion des activités entre plusieurs pays,
le choix étant adopté en fonction de diverses considérations:
concurrence, fiscalité, etc... Cette
conception des activités économiques ci-dessus décrite pourrait aussi
s’appliquer à d’autres domaines tels ceux de l’atteinte à l’environnement,
de la biogénétique, et de la responsabilité liée aux produits
dangereux ou défectueux, domaine dans lequel la relation entre
responsabilité pénale et responsabilité civile pose de délicates
questions puisque le plus souvent on est en présence de fautes de négligence
qui relèvent de la loi civile. En ce qui concerne la protection des
générations futures susceptibles de supporter les risques et les menaces
de génocides, de guerres et de toutes sortes de discriminations, le Congrès
propose d’analyser les mécanismes propres à apporter des remèdes,
notamment au travers des instruments offerts par les Cours Pénales
Internationales et les Commissions de Réconciliation. Ces perspectives
nouvelles, ouvertes aux droits fondamentaux par la Charte Européenne lancée
récemment à Nice, feront l’objet de discussions approfondies. |